Piedras zen

5 bonnes raisons de méditer (et comment faire !)

La méditation, souvent associée à tort à la religion ou carrément aux moines bouddhistes (bonjour les clichés !), est une indispensable de la vie spirituelle de tout être humain. En tout cas elle devrait l’être.

Nombreux sont les pratiquants à travers le monde en particulier dans les pays orientaux, tandis que dans nos pays occidentaux le phénomène reste marginal.

En effet, nous avons été éduqué depuis notre naissance à prendre soin de notre corps, mais pas de notre esprit. On nous apprend qu’il faut se laver les dents trois fois par jour, qu’il faut faire du sport… Alors certes c’est très bien, mais quid de l’hygiène cérébrale ?
Nous ne savons pas gérer nos pensées, notre stress, notre anxiété… Quand la machine à penser se lance, elle ne s’arrête plus. Et nous ne faisons rien pour en prendre soin, forcément ça ne peut pas marcher correctement. Il en résulte des statistiques affolantes sur la dépression, le suicide, le stress… Tout en sachant que toutes les maladies sont impactées (voire déclenchées) par un déficit « d’hygiène mentale » comme nous allons le voir. Voyons dans cet article 5 bonnes raisons de méditer, et ensuite comment le faire !

1. Savoir canaliser ses pensées

Le cerveau est en marche 24h/24, pourtant l’immense majorité des gens ne sait pas comment pratiquer l’hygiène du cerveau (à part avec la TV, mais là c’est carrément le niveau lobotomie !).

Nous vivons dans un monde d’hyper-stimulations visuelles (publicités, TV, conduite, téléphone, jeux vidéo…) et sonores (radio, musique, bruits de la ville, téléphone…).
Notre cerveau est sans cesse en train d’analyser une énorme quantité d’informations, à un moment ou à un autre, il a besoin de ralentir.

C’est un des buts de la méditation : repérer ses pensées en prendre de la distance vis-à-vis d’elles (plus de précisions dans les points suivants).

2. Améliorer nos capacités cérébrales

La méditation a des effets fabuleux au niveau du développement personnel et cérébral.

Elle vous permet d’une part d’être mieux concentré sur ce que vous faites, lorsque vous lisez, lorsque vous travaillez, lorsque vous faites du sport… Elle aide à être vraiment focalisé sur la tâche que l’on fait.

Elle va de ce fait augmenter votre productivité au travail et va vous rendre plus rapide pour toutes les tâches de concentration étant donné que vous aurez (beaucoup) moins tendance à vous disperser.
C’est l’expérience qui parle parce que j’étais le premier à ne jamais réussir à me concentrer sur quelque chose. Maintenant je peux lire un livre non stop pendant un bon moment sans faire de retour en arrière, sans lire « à blanc » (vous savez, cette sensation de lire sans lire), en étant focus du début à la fin de ma lecture.

Testez et vous constaterez assez rapidement des changements à ce niveau.

La méditation a aussi un influence positive sur la neuroplasticité dont nous connaissons le rôle primordial, le cerveau fonctionne ainsi « mieux » et on constate par exemple que les zones relatives à la gestion des émotions positives telles que l’empathie ou l’altruisme sont plus actives.

La méditation est l’antidote idéal pour contrecarrer les effets dévastateurs du stress chronique sur la neuroplasticité.

Le corps calleux est une zone du cerveau particulièrement sollicitée par la méditation, ce qui entraîne un meilleur transfert d’informations et une meilleure coordination entre les deux hémisphères.

En clair, pour avoir un cerveau 2.0 qui passe à l’action, mettez-vous à la méditation (hop la rime !)

3. Cesser de ruminer et apprendre à lâcher prise

Lorsqu’on rumine, c’est qu’une pensée tourne en boucle dans notre tête. On n’en est souvent pas conscient, notre mental se fait absorber complètement par ces pensées et notre focus se rétrécit de plus en plus.
Imaginez un appareil photo : si on zoome de plus en plus sur l’objet central, on ne voit plus le contour. C’est exactement la même chose lorsqu’on rumine des pensées négatives.

Ainsi, la méditation va aider à prendre conscience de notre environnement, à lâcher complètement prise en ouvrant à nouveau notre focus, en dézoomant au maximum pour « embrasser » tout ce qu’il se passe autour de nous : sons, odeurs, sensations, images…

Il est important de savoir lâcher prise et de prendre la distance avec les événements de la vie. Nous nous distinguons des autres animaux par le fait que nous avons le choix entre le stimulus et la réponse. Cela peut paraître anodin mais c’est en fait un phénomène majeur. Lorsque vous êtes soumis à un stimulus quel qu’il soit, vous pouvez choisir de réagir de telle ou telle façon, vous n’êtes pas conditionné comme le serait le chien de Pavlov, mais encore faut-il en avoir conscience !

Par exemple, si vous avez une envie compulsive de chocolat en voyant la tablette (stimulus), vous n’êtes pas forcé de le manger (réponse), vous avez pendant ce temps de latence la possibilité de respirer un grand coup (autre réponse) et d’éviter d’assouvir cette compulsion.

Je voudrais partager avec vous ce passage des 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent :

« Il existe un espace entre stimulus et réponse, et de la façon dont nous utilisons cet espace dépend notre progrès et notre bonheur. » Stephen Covey

Notre progrès et notre bonheur, rien que ça !

Effectivement, lorsque vous êtes conscient que vous pouvez agir de manière différente dans TOUTES les situations, ça change quelque peu la donne, non ?

La méditation permet justement d’augmenter sa volonté et d’agir sur ce temps de latence. De ce fait vous aurez des réactions plus adaptées, plus pertinentes et plus réfléchies face aux événements.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

4. Protéger sa santé

De nombreuses études concernant la méditation tendent à montrer qu’elle a un impact faramineux sur la santé. La méditation permet notamment de :

  • Diminuer le stress et l’anxiété
  • Diminuer les douleurs et l’inflammation
  • Diminuer la tension artérielle
  • Diminuer l’intensité des symptômes dépressifs
  • Diminuer les addictions
  • Diminuer les risques d’insomnie et améliorer le sommeil
  • Améliorer l’humeur
  • Augmenter les défenses du système immunitaire
  • Ralentir le vieillissement cellulaire
  • Réduire le risque de maladies neurodégénératives (Alzheimer et Parkison notamment)

La liste n’est pas exhaustive.

Vous l’aurez compris, la méditation vaut tous les médicaments du monde, les cours de méditation feraient bien d’être remboursés par la sécurité sociale, plutôt que rembourser des médicaments dangereux et inefficaces (qui a dit les statines ?), mais c’est un autre débat.

Ce n’est pas étonnant qu’elle soit si efficace sur de nombreuses pathologies : l’absence de vie spirituelle dans nos vies entraîne d’importantes conséquences sur la santé, mentale comme physique.

5. Se défaire du matérialisme

En développant notre côté spirituel via la méditation (et j’insiste sur le fait que spirituel n’a rien à voir avec religion), on constate bien vite que le bonheur ne se situe pas dans l’acquisition de biens matériels. En grossissant le trait, en France nous sommes riches extérieurement (beau téléphone, belle montre, grosse voiture, trop de nourriture…) et extrêmement pauvres intérieurement (dépression +++, suicides…) tandis que dans les pays asiatiques ils sont plus pauvres extérieurement (mode de vie très frugal, alimentation saine et légère, domiciles moins luxueux) mais très riches intérieurement (satisfaction avec peu de choses, vie spirituelle très riche, état de bonheur latent…)

Pourquoi cette différence ? J’ai ma petite idée : Descartes.

La raison pour laquelle nous ne tenons quasiment plus aucun compte de notre cerveau dans un but autre que logique est la conséquence directe de la dualité corps-esprit formulée par Descartes. En négligeant le fait que les deux sont liés (on le sait maintenant très bien : placebo, rémission spontanée de cancer, autosuggestions positives et négatives) et en les séparant l’un de l’autre, nous nous sommes privés de notre vie spirituelle en omettant complètement de prendre soin de notre esprit, ce que nous faisons pourtant avec notre corps (et encore cela dépend des personnes). CQFD.

La méditation vous fera donc prendre conscience que le sens de la vie n’est pas de posséder, d’avoir, mais bien d’être. En tout cas c’est en partie grâce à cela que j’en ai pris conscience, personnellement.

Maintenant, c’est bien beau tout ça, vous avez peut-être envie d’apprendre à méditer à la suite de ça, mais vous vous demandez probablement comment faire. Voyez cela tout de suite !

Comment s’y prendre ?

Certaines personnes voudraient se mettre à la méditation mais n’ont pas la moindre d’idée du « comment ». On entend souvent que la méditation, c’est ne penser à rien : il n’y a rien de plus faux !

La méditation invite à l’exact contraire : accepter les pensées.

Je m’explique : la méditation en pleine conscience consiste à se focaliser sur tous nos sens, donc le but n’est pas de penser ni de faire quoi que ce soit.
Le but principal est de ressentir, d’écouter, d’observer.

  • Ressentir vos sensations corporelles, les points de contact, les éventuelles gênes et douleurs liées à la position ou non, les zones qui sont au contraire les plus relâchées… Mais aussi ressentir vos émotions, ressentir quels muscles sont contractés pour mieux les relâcher, les muscles de la nuque peut-être, ou ceux du visage qui sont souvent contractés involontairement. Ressentez également votre respiration, c’est l’élément le plus simple sur lequel se focaliser lorsqu’on débute.
  • Ecouter, que ce soit les bruits extérieurs (klaxons, pluie, dialogues, musique, onomatopée, animal…) et intérieurs (les gargouillis, vos propres pensées…) Faites tout cela sans juger, c’est-à-dire sans émettre de jugement de valeur sur tout ce que vous entendez : tel bruit est désagréable, tel bruit est mélodieux. Acceptez simplement tout ce que vous entendez, évitez d’émettre des commentaires.
  • Voir (si vous faites la méditation yeux ouverts ou mi-clos, évidemment) les objets qui vous entourent, les murs, la nature, tout cela sans juger. Juste observer ce qui est là.

Tout ce que je viens de dire est la base. Sachez toutefois que vous serez régulièrement interrompu… Par vos propres pensées !

Vous allez ressasser des souvenirs, penser au futur, avoir des pensées négatives, juger…

Observez ce bavardage mental tel un nuage qui passe devant le soleil et qui fait de l’ombre, laissez-le partir simplement.

Dès que vous remarquez que vous n’êtes plus dans l’instant présent, focalisez-vous sur votre respiration à nouveau.
La méditation c’est cela : des aller-retour sans cesse vers le moment présent.

Vous avez besoin de vous rendre compte que vous pensez sans cesse !

« Il est deux processus que les êtres humains ne sauraient arrêter aussi longtemps qu’ils vivent : respirer et penser. En vérité, nous sommes capables de retenir notre respiration plus longtemps que nous ne pouvons nous abstenir de penser. A la réflexion, cette incapacité à arrêter la pensée, à cesser de penser, est une terrifiante contrainte. » George Steiner

Dans la vie de tous les jours vous ne vous rendez peut-être pas compte que vous êtes submergés à longueur de temps par des pensées. Je ne parle non pas des moments où vous pensez consciemment, comme quand on réfléchit sur l’objet de ce qu’on lit, sur un problème donné, un calcul… Mais bien lorsque vos pensées vous submergent sans que vous le choisissiez.

C’est ainsi que vous devez vous rendre absolument compte que ces pensées ne sont pas vous ! Elles ne sont que le fruit de votre mental.

Vous allez constater que vous vous identifiez à vos pensées, c’est-à-dire que vous leur accordez du crédit et que vous les considérez comme la réalité.

Par exemple, lorsque vous êtes stressé pour un examen oral ou une prise de parole en public, tout un tas de pensées va venir vous parasiter : « Je vais me planter », « Je ne sais pas quoi dire », « J’ai tout oublié », « Je vais échouer », « Je ne suis pas doué à l’oral »…

Notez tous ces jugements de valeur sur votre propre personne.
Sur le moment, vous prenez toutes ces pensées pour argent comptant, ce qui va éventuellement saboter votre prestation. Mais sur le long terme, cela va littéralement vous pourrir la vie !

Et le moyen le plus efficace pour se rendre compte que ces pensées vous envahissent et pour se focaliser sur le moment présent, je vous le donne en mille : c’est… la méditation, évidemment !

Précisons pour terminer qu’il n’existe pas une méditation mais des méditations : la méditation pleine conscience, la méditation transcendantale, la méditation vipassana, la méditation zen…

Pour aller plus loin je vous suggère l’excellent livre « Méditer jour après jour » de Christophe André.

Maintenant que vous connaissez tous les effets de la méditation et comment faire, qu’est-ce que vous attendez pour vous y mettre ? Répondez moi dans les commentaires !

Par Fabien et Mehdi (tation)

3 réponses à 5 bonnes raisons de méditer (et comment faire !)

  1. mamodaly 17 septembre 2015 à 10 h 11 min #

    je suis vraiment d’accord avec cette dualité occident/orient dans la pensée et dans la richesse. j’adore la richesse intellectuelle et spirituelle de vos articles vraiment.
    le corps et l’esprit ne sont qu’un, et en privilégier un au détriment de l’autre relève de l’autosabotage.
    moi même j’ai beaucoup de mal, aujourd’hui, à focaliser alors que lorsque je méditais encore ( il y a 4ans) ce n’était pas le cas. je crois que je vais reprendre.
    merci pour tous ces articles,je suis lecteur depuis aujourd’hui 3 ans, ceux ci m’apportent un réel renouveau et m’ont beaucoup appris.

  2. hector 14 mars 2017 à 16 h 27 min #

    combien de temps?

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