Le désarroi du gentil garçon : de l’affirmation de soi à la réalisation personnelle (2/2)

Prendre sur soi pour faire quelque chose à contre-cœur dans l’espoir de plaire relève de l’acte intéressé et donc de la faiblesse de l’ego. Au final, soit on obtient ce que l’on espérait et alors c’est davantage un soulagement qu’une joie, soit on est déçu du résultat et alors c’est la frustration. À l’inverse, quand on prend plaisir à rendre service, si la personne concernée se montre reconnaissante, c’est un bonus qui est le bienvenu, mais dont l’absence ne pose pas vraiment problème car nous sommes notre propre source de satisfaction non conditionnée à l’humeur d’autrui.

Le gentil garçon peut-il directement basculer de l’enfance à l’âge adulte sans passer par le stade de l’adolescence ? Je ne pense pas. Cela dit il est possible de ne pas trop s’y attarder. Quelques excès sont inévitables car nécessaires pour jauger et redéfinir correctement les frontières de sa propre personne dans le respect d’autrui. Ce qui compte véritablement est de repasser du bon côté de la ligne rouge dès que l’on se rend compte que l’on est allé trop loin. Nier sa responsabilité en la rejetant sur les autres est une mentalité d’adolescent fuyard. Quelqu’un qui est dans une démarche adulte et responsable va s’excuser aussitôt qu’il prend conscience qu’il a commis une erreur. Ce faisant, il informe tout le monde qu’il a eu l’intelligence d’en tirer une leçon, ce qui en général suffit à faire oublier l’évènement : «n’en parlons plus».

Les gens intelligents auront même le sentiment que cet événement vous ayant permis de devenir quelqu’un de meilleur, c’est une bonne chose que cela se soit passé ainsi. Seuls les imbéciles tenteront de réutiliser cet épisode comme une faiblesse sur laquelle ils peuvent s’appuyer pour se grandir, parce qu’il ne réalisent pas que s’excuser sincèrement est une preuve de très grande force intérieure, pour la simple et bonne raison qu’ils ne l’ont pas. C’est précisément ce qui manque au «bad boy». Son incapacité à reconnaître ses tords finit par agacer sa copine et révéler son immaturité, alors que s’il en tirait des leçons elle serait fière de ce garçon qui apprend et progresse. Instinct maternel quand tu nous tiens.

De tout ce que j’ai pu comprendre du mystère féminin, montrer que l’on est constamment en train d’évoluer et de grandir dépasse nettement tout le reste. Quand une fille se plaint du manque d’ambition de son homme ou de son immaturité, elle se plaint en fait de son incapacité à se prendre en main et à faire preuve d’initiative. Ce n’est pas tant le fait qu’il soit jeune dans sa tête qui la gêne que le fait qu’il reste ainsi. Entre un cadre supérieur qui se vante de se la couler douce planqué dans le même bureau depuis quinze ans et un jeune chômeur dynamique qui se bat pour suivre des formations et monter son projet d’entreprise, le second fera bien meilleure impression que le premier, parce qu’il véhicule une image de progression. C’est l’essence même de la vie : évoluer – ce qui ne change pas, ce qui ne s’adapte pas est condamné à disparaître. La vie est une incessante recherche d’équilibre dans un monde que l’on fait soi même changer. Comprendre cela est comprendre comment s’épanouir pleinement.

Il y a beaucoup d’autres aspects à développer autour de cette unique notion de progression, en particulier le fait que cela vous rend vivant : vous êtes perçu comme un battant qui lutte pour survivre, comme quelqu’un d’indépendant qui possède son propre univers, sa propre aventure dans laquelle la fille sera heureuse d’être embarquée. Car c’est ce qu’une femme attend d’un compagnon : qu’il lui offre un espace ni trop grand ni trop petit dans lequel elle pourra participer à la réalisation de son homme dont elle est fière. Si en plus vous savez faire de même avec elle, alors là c’est le jackpot pour tous les deux. C’est ce que l’on appelle l’amour.

crédits photos mdumlao98 on flickr

Par Aurélien de PostSéduction en exclusivité pour Lifestyle Conseil.

Le désarroi du gentil garçon :

À propos d'Alexandre

Responsable de Lifestyle Conseil. Coach et relookeur depuis 2006, Alexandre est également l'auteur du livre "Le kit de l'homme séduisant" paru aux éditions Leducs.s en 2011.

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2 Responses to Le désarroi du gentil garçon : de l’affirmation de soi à la réalisation personnelle (2/2)

  1. Mickael 1 décembre 2009 à 10 h 42 min #

    Merci (1 an plus tard!) pour cet article. Je l’ai trouvé très interressant étant moi même passé par la case « gentil garçon » étant ado, si j’avais lu cet article j’en serais peut être sorti plus vite ;) En tout cas même quelques années plus tard, ça fait du bien de comprendre ce qu’il se passait dans notre petite tête à cet age là. :)

  2. franck 17 avril 2011 à 17 h 44 min #

    Oui c’est vrai, je suis d’accord avec Mickael, vous faite tous preuve d’une magnifique générosité en nous faisant partager tout ça. Merci à Aurélien, Alexandre, Ludovic et tous les autres que je connais pas. <3

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