Le désarroi du gentil garçon : du gentil garçon au « bad boy » (1/2)

Le principal problème du gentil garçon est son incapacité à dire ce qu’il pense, ce qui a pour conséquence directe que les filles ne savent pas qu’il se sent attiré par elles, et tombent dénues quand il se lance finalement dans une opération kamikaze pour leur dévoiler qu’il les aime en secret depuis toujours : «Mais qu’est-ce qu’il lui prend tout d’un coup ? Je ne peux pas lui plaire, il est asexué !».

Son opposé direct est le «bad boy», qui ne se gêne pas pour dire haut et fort tout ce qui lui passe par la tête. Cela le rend souvent cassant et blessant. S’il cela lui échappe aussi facilement qu’il s’en moque (en apparences…), cela saute aux yeux et scandalise le gentil garçon qui ne comprend pas que la fille accepte d’être traitée de la sorte : «Faut les taper les filles pour qu’elles nous aiment ?».

Si l’on met de côté les filles à problèmes, aucune fille n’aime qu’on lui manque de respect. Donc si une fille tolère cela, c’est que malgré tout elle y trouve son compte, qu’au final la balance reste positive. Quel est donc ce positif qui joue tant ? Eh bien la virilité pardi, associée au fait d’être directif. Car si l’on peut reprocher beaucoup de choses à son mec, au moins c’est pas un faux-cul, et elle peut compter sur lui pour la défendre si jamais elle en a besoin. Et ça, ça compte pas pour du beurre. Il faut aussi savoir que les filles ont appris à attacher moins d’importance que les hommes au fait de se faire respecter, car ces derniers ne leur ont pas vraiment laissé le choix. Cela ne veut pas dire qu’elles n’y sont pas sensibles. Mais elles recherchent avant tout de l’attention, et quelque part, créer des problèmes à quelqu’un c’est lui accorder de l’attention. Certaines avouent ainsi aimer que leur copain leur cause du souci, certainement parce que cela les distrait de leur morne quotidien.

En général, la technique de séduction du «bad boy» est toujours la même : se présenter d’emblée sous ses traits les plus désagréables, puis laisser entendre qu’il s’agit d’une façade qui dissimule des qualités insoupçonnées : «et si en fait c’était un gros dur au cœur tendre ?». Le sentiment de déjà connaître tous ses défauts et de ne plus avoir que des bonnes surprises à découvrir titille la curiosité et donne envie d’en savoir davantage. Sans compter que plus quelqu’un semble incapable du moindre geste de tendresse, et plus un simple geste d’affection de sa part vous fera du bien, un peu comme quand on retire des chaussures trop petites avec lesquelles on a marché toute la journée. La fille s’accroche à ce genre de souvenirs et illusions (comme nous tous au quotidien), jusqu’au jour où ils ne pèsent plus assez lourd dans la balance.

Car le gros problème du «bad boy» est qu’il n’est pas aussi équilibré qu’il aime le faire croire, et son penchant pour la mauvaise foi finit par terriblement agacer. Si le gentil garçon hésite constamment, son ennemi juré est incapable de se remettre en question. Il manque cruellement de tact car il assimile gentillesse à faiblesse. Derrière son masque de gros dur il est très inquiet à l’idée de paraître faible. Lui, il est un «vrai» mec, pas une tapette faisant preuve de sensibilité car cela relève de la féminité. Si le gentil garçon n’assume pas sa part d’animalité, le «bad boy» n’assume pas sa part de féminité. Tous les deux partagent donc à leur manière la même incapacité à gérer leur véritable nature et les émotions qui y sont rattachées.

Il n’est donc pas étonnant que par mécanisme de protection certains garçons traumatisés de leur gentillesse aillent se réfugier dans l’opposé extrême, croyant faire une bonne affaire en devenant des êtres abjectes : «écoute, moi avant j’ai fait la paillasson et on s’est pas gêné pour me piétiner, alors maintenant c’est moi qui piétine les autres.». Après s’être longtemps plaint qu’on profitait de sa faiblesse, voilà qu’il se met à devenir celui qu’il a longtemps méprisé et à mépriser celui qu’il a longtemps été.

Par Aurélien de PostSéduction en exclusivité pour Lifestyle Conseil.

Le désarroi du gentil garçon :

À propos d'Alexandre

Responsable de Lifestyle Conseil. Coach et relookeur depuis 2006, Alexandre est également l'auteur du livre "Le kit de l'homme séduisant" paru aux éditions Leducs.s en 2011.

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