La sincérité radicale, qui consiste à dire ouvertement et sans détour tout ce que l’on pense dans le fond sans y mettre les formes, est une expérience intéressante à mener. En étant entièrement «vrai» on se rend en général vite compte que l’on est un vrai crétin. Car échapper à sa conscience n’est pas donné à tant de personnes que cela, et il arrive toujours un moment où l’on remarque qu’il y a un problème dans notre attitude, autrement dit chez nous. Vient alors le temps de tendre vers le juste équilibre : être sincère et authentique tout en faisant preuve d’intelligence sociale.
Ainsi, il ne faut pas confondre dire ce que l’on pense avec juger à tout va. Développer la confiance en soi ne doit pas se faire en développant la méfiance de l’autre. Bâtir son estime de soi sur les sables mouvants de l’orgueil conduit à se sur-estimer et à passer pour un abruti aux yeux du monde sans même être capable de s’en rendre compte. Vivre dans ce genre d’illusion est certes très confortable, mais tôt ou tard il faudra se réveiller, et la chute sera d’autant plus douloureuse que la pyramide d’orgueil sur laquelle on était assise était haute.
L’orgueilleux se met en valeur en rabaissant l’autre. Il recherche les failles pour mieux s’y engouffrer et casser les reins de ceux qu’il considère comme ses rivaux, soit à peu près tout le monde. Il tire les gens vers le bas en permanence afin de mieux se grandir, parce qu’il est incapable de s’élever par lui-même. Cela lui confère un certain tempérament de dominateur. Mais au delà des apparences, c’est le dominé qui influence le dominateur puisqu’il pousse ce dernier à agir sans cesse en fonction de ce que disent ou pensent les autres, donc à être complètement dépendant d’eux pour exister. Si le maître est esclave de son esclave, seul l’esclave peut s’affranchir du maître. Sans dominé, il n’y a plus de dominateur.
Faire preuve d’intelligence sociale, c’est prêter attention à comment les autres perçoivent et réagissent à ce que l’on dit ou fait, sans se préoccuper de comment ils jugent ce que l’on est. En sommes, c’est être responsable de ses actes, c’est devenir mature. Et la maturité, c’est quelque chose qui pèse très lourd dans la balance des filles. Pour faire un peu de psychologie de bac à sable, c’est l’image du père qu’elles respectent et admirent. C’est pas pour rien qu’elles craquent pour des hommes de dix ou vingt ans de plus que ceux de leur âge, parce que ces derniers sont pour la plupart totalement immatures. L’homme mature a beaucoup plus d’impact qu’un rebelle de la société parce qu’il incarne le papa responsable qui remet à sa place l’adolescent turbulent. Dans l’échelle de classification des genres, le gentil garçon est un prépubert, le «bad boy» un adolescent en crise, et l’homme mature un adulte.
Dans un autre registre, le «looser» tend à tirer les autres vers le bas à ses côtés pour se conforter dans son malheur. Au fond de lui il s’inquiète du succès de ses camarades et souhaite qu’ils échouent dans leurs projets, car cela le conforte dans sa pensée que tout effort est vain et qu’il est une victime innocente de l’injustice du monde. En conséquence, les pleurnichards traînent souvent entre-eux et se «soutiennent» mutuellement dans leur renoncement à vivre, se faisant une fierté de rester eux-mêmes.
Mais «rester soi-même» ne veut rien dire : on ne reste pas soi-même, on le devient. «Je suis comme je suis et je reste ainsi» n’est rien d’autre qu’une formule de servant à justifier la paresse de se remettre en question pour mieux se complaire dans sa médiocrité (car elle reste malgré tout le seul terrain connu où l’on se reconnaît). Parler ainsi trahit un grand décalage de perception entre ce que l’on est et ce que l’on croit être. Le terme «rester» caractérise aussi une vision statique des choses, une incapacité à percevoir l’intemporalité et le changement permanent en soi et autour de soi. Dans un monde qui évolue constamment, dans un corps qui se modifie tous les jours, refuser de changer relève du suicide. Oser changer c’est oser ne plus se reconnaître dans le malheur, c’est oser le bonheur. Le gentil garçon s’ignore, le «bad boy» se découvre, l’homme mature se redécouvre tous les jours.
Par Aurélien de PostSéduction en exclusivité pour Lifestyle Conseil.
Le désarroi du gentil garçon :
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Excellent! Cela confirme certains doutes que la plupart des gens ont sur soi et sur les autres et c’est d’autant enrichissant sur plein d’autres choses comme la psychologie. Encore bravo!