Le désarroi du gentil garçon : l’incompréhension de la séduction, des femmes, et de soi-même (1/2)

Qu’est-ce que la séduction ? De mon point de vue, séduire une fille, c’est lui donner envie de se faire manger par le prédateur que l’on est. Il s’agit donc bien d’un jeu du chat et de la souris, sauf que la souris prend plaisir à se faire attraper par le chat. Mais pas tout de suite, car le principe d’un jeu est de jouer. Se faire attraper dès le début n’est drôle pour personne. Passer son temps à courir est épuisant et lassant. Il y a donc une notion importante de temps et de tempo, où chacun s’adapte avec complicité au rythme de l’autre, comme dans une danse.

Le problème du gentil garçon est qu’il ne sait pas danser. Comment faire ? Comment fonctionne la séduction ? Là aussi c’est très simple : il s’agit de stimuler l’imagination de l’autre. Pourquoi une fille se met-elle un beau décolté ? Pourquoi s’habille-t-elle sexy ? Pour stimuler votre imagination bien sûr. Car le plus gros organe sexuel est le cerveau. L’art de la séduction consiste à stimuler ce dernier, principalement en instaurant une tension sexuelle. Le concept de tension sexuelle est extrêmement vague pour les hommes maladroits en amour, alors qu’il s’agit précisément de la «fibre» qui caractérise le séducteur. Le gentil garçon se demande sans cesse ce qu’il faut dire ou faire, alors que cela se passe dans le non dit et le non acte, car tout ce qui n’est pas dit ou montré est alors imaginé…

Instaurer une tension sexuelle consiste à mettre en place une piste de danse propice à faire galoper l’imagination des deux partenaires. C’est établir un climat où la fille se sent à l’aise pour parler et sous-entendre coquineries, ce qui implique d’être soi-même à l’aise par rapport à ce sujet. Et c’est bien là que réside le principal problème du timide : il n’en n’est pas capable, car il n’assume pas sa condition d’homme, il a honte d’éprouver de l’attirance physique pour une fille, et s’efforce de le cacher. Il y arrive en général très bien, si bien que les filles sont convaincues qu’il est asexuel. Les difficultés du gentil garçon dans ses relations avec le sexe opposé ne sont donc que le reflet de ses difficultés à assumer sa propre sexualité. Il se demande constamment comment faire, alors qu’il s’agit d’être sexuel.

Contrairement à ce que certains pensent, être sexuel ne consiste pas à parler vulgairement de sexe comme le font les adolescents. Quand on est à l’aise et équilibré par rapport à sa sexualité, on ne risque pas de tomber dans le travers de la timidité (honte d’être ce que l’on est) ni dans celui de la grossièreté, qui relève en fait de la provocation. Cette provocation qui caractérise pas mal d’hommes (et de femmes !) n’est qu’une façade servant à mieux dissimuler leur frustration : «C’est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins».

La méconnaissance de soi est donc le principal obstacle au bonheur. Le gentil garçon se connaît très mal et n’assume pas grand chose de ce qu’il est ou de ce qu’il fait. Il lui faut toujours un prétexte, une bonne excuse pour se justifier. Sa vie est une incessante justification : il faut une bonne excuse pour aller aborder une fille, il faut une bonne excuse pour l’appeler, il faut une bonne excuse pour la revoir, etc. En passant ainsi sa vie à n’agir que sous prétexte, il en arrive à s’excuse d’exister, et ne donne jamais l’impression de faire des choix actifs. D’où cette image d’absence de volonté (et donc de virilité), d’attitude mielleuse qui finit par ennuyer tout le monde (y compris lui).

Il est crucial de comprendre que l’on n’a pas de compte à rendre aux autres quand il s’agit de notre vie, en dehors des rares personnes qui nous aident et nous accompagnent. La première chose à faire est donc de réaliser que l’on a le droit d’exister, que cela plaise ou non. Nous n’avons pas à nous excuser ou nous justifier à ce propos. Si la personne en face n’est pas contente que l’on se trouve sur son chemin, il va falloir qu’elle se fasse à l’idée qu’elle n’est pas toute seule sur Terre. Reconnaître que rien ni personne n’a le droit de venir empiéter sur ce mètre carré que la nature vous a donné est une étape fondamentale dans l’affirmation de soi et la reconnaissance de son droit au bonheur. Cela donne le courage de dire non avant de dire oui, de montrer qu’il y a quelqu’un aux commandes de ce corps que l’on habite, et que l’on n’est pas une feuille morte que le vent anime.

C’est un combat de tous les jours, qui peut facilement prendre des années, et qui consiste avant tout à reconnaître que l’on est un adulte. Le reste suit tout seul, car à partir du moment où vous vous considérez comme un homme adulte, alors vous parlez et agissez en tant qu’adulte, et alors vous êtes perçu en tant que tel. Il faut donc travailler sur soi pour trouver et éliminer une à une toutes les croyances castratrices (aux sens propre et figuré !) qui nuisent à votre épanouissement et à l’affirmation de votre personne.

[1] Rappel : vous êtes un homme au même titre que ceux avec lequel les «salopes» vont coucher.

Par Aurélien de PostSéduction en exclusivité pour Lifestyle Conseil.

Le désarroi du gentil garçon :

À propos d'Alexandre

Responsable de Lifestyle Conseil. Coach et relookeur depuis 2006, Alexandre est également l'auteur du livre "Le kit de l'homme séduisant" paru aux éditions Leducs.s en 2011.

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