Le désarroi du gentil garçon : l’incompréhension de la séduction, des femmes, et de soi-même (2/2)

Qu’est-ce que la séduction ? De mon point de vue, séduire une fille, c’est lui donner envie de se faire manger par le prédateur que l’on est. Il s’agit donc bien d’un jeu du chat et de la souris, sauf que la souris prend plaisir à se faire attraper par le chat. Mais pas tout de suite, car le principe d’un jeu est de jouer. Se faire attraper dès le début n’est drôle pour personne. Passer son temps à courir est épuisant et lassant. Il y a donc une notion importante de temps et de tempo, où chacun s’adapte avec complicité au rythme de l’autre, comme dans une danse.

À ce propos, la misère sentimentale du gentil garçon puise en bonne partie ses racines dans le syndrome de la princesse, c.à.d le fait de placer les filles sur un piédestal. Cela part d’un bon sentiment, mais cache en réalité une incapacité à les considérer en tant qu’adultes. Quelque part, c’est insultant. La fille n’est pas vue comme un être responsable, mais comme un éternel petit enfant fragile et innocent. Un exemple typique est de se sentir gêné d’avoir un siège pour soi si autour il y a des filles qui n’en n’ont pas, ces êtres si fragiles incapables de rester debout plus de dix minutes sans souffrir terriblement.

L’effet insidieux est que le chic type se présente aux yeux des filles tout comme elles se présentent aux siens, c.à.d comme un enfant de huit ans. Traitez les comme des adultes et elles réagiront en adultes. Considérez les comme des enfants et elles agiront de même avec vous – ne soyez alors pas surpris de ne pas les attirer physiquement. Le syndrome de la princesse traduit donc le fait de ne pas avoir dépassé le stade de la petite enfance dans sa vision des femmes.

Toujours par rapport à l’enfance, les psychologues mentionnent aussi la tendance à reproduire la même admiration que l’on avait pour sa maman, la plus belle et la plus parfaite des femmes. Ce complexe d’œdipe conduit à de sérieux problèmes : forte prédisposition à l’adoration (amour obsessionnel) et la souffrance qui en découle ou au contraire à une éternelle incapacité à se satisfaire d’une compagne, celle-ci ne pouvant jamais être à la hauteur de cette image de perfection féminine derrière laquelle on court. Là encore, la méconnaissance de soi empêche de voir la femme en face de nous telle qu’elle est véritablement.

Enfin, dans l’esprit collectif, une fille ne peut pas avoir envie de coucher tout de suite avec un homme. C’est limite inconcevable, voire choquant. Elle se doit d’être une princesse raffinée qui ne peut pas éprouver une attirance sexuelle forte et immédiate, parce que les hommes en ont décidé ainsi. Celle qui n’entre pas dans ce cliché échoue dans la catégorie «salope» de ces mêmes hommes qui ont tout fait pour la faire coucher dès le premier soir, comme pour mieux le lui reprocher ensuite.

Si l’on creuse ce qui se cache derrière ce jugement, on ne trouve rien d’autre que le mépris de soi-même : «Mais comment peut-elle être attirée par ce que je suis[1] ? Elle est écœurante !». C’est aussi de là que découle la peur de dévoiler ses intentions, car on pense que ce que l’on est en train de faire est mal, que c’est insulter une fille de lui faire comprendre qu’on aimerait coucher avec elle, etc. La peur d’aller draguer une inconnue provient en bonne partie de la conviction qu’il lui serait légitime d’être choquée qu’on la courtise. Assumez cette part d’animalité qu’il y a en vous, et elle réveillera et stimulera automatiquement celle qui se trouve chez la fille en plus de vous mettre à l’aise tous le deux.

[1] Rappel : vous êtes un homme au même titre que ceux avec lequel les «salopes» vont coucher.

Par Aurélien de PostSéduction en exclusivité pour Lifestyle Conseil.

Le désarroi du gentil garçon :

À propos d'Alexandre

Responsable de Lifestyle Conseil. Coach et relookeur depuis 2006, Alexandre est également l'auteur du livre "Le kit de l'homme séduisant" paru aux éditions Leducs.s en 2011.

Vous en voulez plus ?

Abonnez-vous au flux RSS pour recevoir nos articles en temps réel. Suivez-nous sur Twitter & Facebook. Regardez nos vidéos sur Youtube.

Aucun commentaires pour le moment

Laisser un commentaire