Le choix

«Choisir! c’est l’éclair de l’intelligence. Hésitez-vous?… tout est dit,vous vous trompez.» La plume de Balzac n’aura jamais aussi bien exprimé ce qui me semble être la pierre angulaire de la séduction. Car tout ce que nous accomplissons lorsque nous séduisons, de l’approche à l’envolée conjugale, en passant par toutes sortes de finalités, ne repose que sur la somme des décisions que nous avons été amenés à prendre.

Chacune de ces décisions est le résultat d’un choix entre plusieurs alternatives. Ainsi, le concept de choix peut être perçu comme un paradigme, à l’instar du «flow», en ce qu’il relève à la fois d’un processus à mi chemin entre le réfléchi et l’inné, et d’un objectif en terme de développement personnel. Car pour faire un choix, encore faut-il l’avoir. A l’inverse, à trop avoir de choix on finit par en ressentir l’embarras. Appliquée à la séduction, cette conceptualisation permet, à mon sens, de progresser plus rapidement en ce qu’elle est adaptable à chaque individu, à chaque personnalité, bref, à chacun d’entre nous.

Avoir le choix

Nous sommes quotidiennement confrontés à un ensemble de choix. Mais qu’il s’agisse de notre tenue vestimentaire, de notre moyen de transport ou de notre métier, nous avons tous ressenti, au moins une fois, cette impression de ne pas trop avoir notre mot à dire… à cela on peut trouver plusieurs facteurs… certains sont techniques: l’ascenseur est en panne, je n’ai d’autres choix que de prendre les escaliers; d’autres sont d’ordre plus personnel: la pression sociale, voire familiale, pour le choix de votre métier, les contraintes financières, pour celui de vos vêtements etc.

Pour ce qui est des contraintes techniques, à moins d’être réparateur en ascenseur et d’avoir justement sous la main votre mallette à outils, il faut reconnaître que l’alternative est imposée. C’est grosso modo ce qui dans le jeu de la séduction correspondrait au « facteur chaos ».

Pour le reste, l’absence de choix n’est bien souvent qu’une illusion. Tâchons d’appliquer cela à la séduction. Vous êtes dans la rue, sur le point de traverser. Sur le trottoir d’en face, une top model (oui je sais) attend que le feu passe au rouge. Vous pouvez trouver toutes les raisons du monde pour ne pas l’attendre sagement de votre côté: elle est trop bien pour vous, vous ne savez pas quoi lui dire, vous êtes pressé, finalement elle n’est pas si belle, ah si seulement vous aviez pu être aidé d’un ami… je ne reviendrai pas ici sur ce qui a déjà été maintes fois répété, sur ce site ou sur d’autres, dans tous les manuels de séduction, et même par votre ami séducteur qui pourtant est sceptique sur les nouveaux concepts de la séduction. Tout le monde sait ici que ces raisons ne sont que des excuses liées à une réaction automatisée dictée par la pression sociale. Se protéger, enfin… protéger son égo, face à la peur du rejet, du rateau, ou tout simplement du regard des autres.

Comment soigner le mal à la source? en accordant plus d’importance aux causes qu’aux conséquences. Il n’est plus exclusivement question, sous cet angle, d’un manque d’audace, de confiance, ou de compétences en matière de séduction. Car mille techniques peuvent être utilisées pour «vaincre» cette peur… je vous renvoie ici aux théoriciens de la séduction, chacun y va de sa méthode perso. Mais comprenez bien que le recours à ces «remèdes» ne sert qu’à soigner les effets, les conséquences de cette peur première.

L’idée développée ici, c’est que nous avons tous, en nous, les capacités d’y parvenir. Il suffit (et il faut mesurer tout le chemin évoqué par ce simple verbe) de s’en donner les moyens en se débarrassant au passage de toutes une série de croyances limitantes. Sur ce chemin, il arrivera un moment ou vous prendrez conscience d’une chose fondamentale: avoir le choix, c’est ne plus avoir peur. La différence est subtile. En soignant le mal à la source, vous ne vous contentez pas de «vaincre» la peur… vous n’avez même pas besoin de la combattre. Elle n’est tout simplement plus là. Car vous avez le droit de choisir, personne ne vous en voudra d’aborder une inconnue dans la rue (à part son mec ou votre copine mais tâchons de nous limiter à la phase de séduction elle-même). En réalité, la seule personne qui peut vous en vouloir, c’est vous même! et ce sera le cas à chaque fois que vous aurez fait le choix de ne pas l’aborder pour les mauvaises raisons (pour une liste non exhaustive, cf supra).

Ainsi, ce n’est pas tant le fait d’avoir le choix qui compte, mais c’est surtout le fait d’en avoir conscience. Vous savez que vous avez le choix.C’est vous qui choisissez et personne d’autre. C’est en vous que vous devez rechercher ce qui va vous pousser faire ce choix.

Faire un choix

Une fois que vous avez pris conscience que vous avez le choix, vous devez comprendre qu’il n’y a pas de «bon» ou de «mauvais» choix. Il n’y a que «votre» choix, qui lui-même dépend de vos attentes, de votre personnalité, de votre background, de votre vie. D’où l’importance du développement personnel pour progresser dans l’art de la séduction. Autant il n’y a pas de formule magique, autant votre capacité à séduire dépend de ce qu’il y a de plus séduisant en vous. Mieux vous vous connaîtrez, plus vous serez à même de calibrer, de façonner, d’affiner vos choix en fonction de ce que VOUS attendez de la séduction (ça vaut aussi pour le reste d’ailleurs).

Plus vous avancerez, plus certains choix vous paraîtront automatiques. Alors il ne faudra pas vous laisser surprendre par ce qu’on appelle communément «l’embarras du choix». Tout bon séducteur a déjà au moins ressenti une fois cet embarras: il vient de prendre le numéro d’une fille sublime, une de plus, et alors qu’il est en train d’enregistrer son nom, il se demande: pourquoi elle? Qu’est-ce qu’elle a de si spécial finalement? La semaine dernière, j’en ai rencontré 5 comme elle et j’ai même pas envie de les rappeler…

Certes cela peut vous paraître exagéré. Sachez qu’il n’en est rien. Les seuls à qui cela n’arrive pas sont ceux qui ont en amont déjà parcouru ce chemin, ie ceux qui sont conscients qu’ils ont le choix, et que le choix qu’ils feront ne sera ni bon, ni mauvais.

William Bryan écrivait que «le destin n’est pas une question de chance. C’est une question de choix: il n’est pas quelque chose qu’on doit attendre, mais qu’on doit accomplir».

Vous pouvez rester dans votre zone de confort, croire qu’en fait de choix vous n’en avez aucun puisque votre métro/boulot/dodo ne vous laisse pas le temps ni l’occasion de rencontrer l’âme sœur… et laisser filer votre vie avec la première fille venue de peur de ne pas en retrouver une autre.

Vous pouvez aussi décider de vous accomplir, de rechercher en vous ce qu’il y a de meilleur, de vivre chaque seconde de votre vie comme une nouvelle occasion de vous épanouir… et être en couple depuis des années tout en sachant que les surprises qu’une telle vie vous réserve ne dépendent pas d’un hypothétique destin, ni des autres, mais de vos choix. Car si on ne choisit pas de naître, on choisit de vivre.

Pour conclure, j’emprunterai ces mots à Simone de Beauvoir : «Le présent n’est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l’action.»


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